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[TRACES ECRITES NEWS] A Metz, la start-up Syslor veut devenir le Google Maps des réseaux

Une application « jumeau numérique » permet d’obtenir le double digital d’une tranchée. © Syslor


Les applications digitales développées par Syslor à Metz (Moselle) simplifient les interventions des entreprises de travaux publics ou des gestionnaires de réseaux sur les conduites enterrées. La start-up
labellisée récemment par la fondation Solar Impulse de l’explorateur Bertrand Piccard estime que ses solutions diminuent les risques de dommages tout en améliorant le bilan carbone des chantiers.

Les dommages causés aux réseaux enterrés sont multiples : câble électrique endommagé par un forage, réseau télécom détérioré par des travaux de terrassement, etc. A Metz (Moselle), Syslor a mis au point une solution digitale pour résoudre ce problème. Elle géolocalise facilement les conduites sensibles et permet de les visualiser grâce à la réalité augmentée. Ses applications intéressent les bureaux d’études, les gestionnaires de réseaux comme Enedis ou GRDF avec lesquels la société collabore, mais aussi les entreprises de travaux publics comme Eurovia et Fayat, par ailleurs présents à son capital.

« Nous voulons devenir le Google Maps des réseaux », annonce Edouard Semin, président de Syslor, avant d’évoquer les 60.000 dommages causés chaque année en la matière en France. Le fondateur de cette start-up en 2017 pointe également l’atout écologique de sa solution labellisée par la fondation Solar Impulse de l’explorateur Bertrand Piccard. Grâce à Syslor, plus question d’attendre la venue d’un géomètre avant de pouvoir refermer une tranchée. A partir de photos ou vidéos prises sur son smartphone, le chef de chantier effectue lui-même le géo-référencement des conduites.

« En réduisant la durée des travaux de voirie et réseaux divers, nos applications diminuent mécaniquement les engorgements routiers donc les émissions de gaz à effet de serre. Selon une étude du cabinet Carbone 4 de Jean-Marc Jancovici, notre solution ferait économiser 9 tonnes équivalent carbone par tranchée de 50 mètres linéaires creusée dans Paris », poursuit Edouard Semin. Concrètement, Syslor propose trois applications distinctes pour lesquelles la start-up est en mesure d’offrir une précision de l’ordre de 1 à 9 cm grâce à un boîtier de positionnement satellite sans fil. Toutes trois sont notamment utilisées par Eurovia (groupe Vinci) sur le chantier de l’extension du tramway de
Bordeaux.

L’application de réalité augmentée fait apparaître les réseaux sous forme de traits de couleurs sur l’écran d’un smartphone, simplement en pointant son objectif sur la chaussée. « Ce rendu est possible grâce au traitement en amont des plans numériques des réseaux, mais aussi à partir de plans papiers que nous digitalisons. D’un simple glissé-déposé dans l’application, le fichier informatique est converti en données qui sont envoyées dans le cloud afin d’être téléchargées sur un smartphone », explique Edouard Semin.

L’application de « levé de points » permet soit de récolter des données existantes sur le terrain en vue de leur transcription dans un système d’information géographique (présence de bouche à clés, etc.), soit à l’inverse de reporter sur la chaussée à l’aide d’une bombe, la position des ouvrages à construire (trottoir, voirie, etc.).
Enfin, l’application « jumeau numérique », porte bien son nom ! Elle génère le double informatique d’une tranchée à partir d’une simple vidéo. Ce géoréférencement dans les trois dimensions offre une précision conforme à la « réforme anti-endommagement (réglementation DT-DICT).

Une levée de fonds complémentaire de 1,7 million d’€

Un simple smartphone permet de voir à l’écran les tracés des réseaux enterrés (gaz, électricité, eau, télécom, etc.). © Philippe Bohlinger

Il y a un an, à l’occasion d’une levée de fonds d’un million d’€, l’entreprise de 19 salariés (chiffre d’affaires de 700.000 € en 2021) a fait entrer à son capital Eurovia Innovation Venture (groupe Vinci), Fayat Accélération Startups (groupe Fayat) et le fonds de proximité Groupe ILP. Edouard Semin, toujours majoritaire, prépare cette année une levée de fonds complémentaire de 1,7 million d’€ en vue d’optimiser le traitement informatique des données, mais aussi l’assemblage du boîtier satellite dans ses ateliers.

« Pour garder un temps d’avance vis-à-vis de la concurrence, notre objectif est de réaliser les jumeaux numériques sans points de calage. Actuellement, nous avons besoin d’effectuer 5 points de calage avec notre boîtier satellite pour géo- référencer une tranchée de 30 m de long dans les trois dimensions. Sans ces points de calage, notre précision est pour le moment de l’ordre de 12cm, ce qui est encore un peu insuffisant pour être dans les clous de la règlementation », explique le dirigeant. Un nouveau projet à « creuser » pour les développeurs informatiques, ingénieurs et géomètres de la start-up !

Qui est Edouard Semin ?

Edouard Semin, dirigeant de Syslor. © Philippe Bohlinger Diplômé d’un DUT Gestion des entreprises et des administrations de l’Université de Lorraine, complété par une école de commerce en GrandeBretagne, puis un MBA (Master of business administration), Edouard Semin a réalisé sa première partie de carrière comme responsable commercial sur le site ArcelorMittal de Florange (Moselle).

En 2017, il fonde Syslor avec le soutien de la pépinière de start-up Synergie (Chambre du commerce et de l’industrie de Moselle) qui héberge actuellement ses équipes. En 2019, l’entrepreneur également soutenu par l’accélérateur Scal’E-Nov de la Région Grand Est) fonde sa filiale luxembourgeoise Syslorlux (4 personnes) dans le cadre d’une collaboration avec l’entreprise de travaux publics Tralux Construction (groupe Demathieu Bard).

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