Technique

Photogrammétrie : principes de fonctionnement, méthode et cas d’usage 

Qu’est-ce que la photogrammétrie ? La photogrammétrie est une technique de restitution 3D à partir d’images 2D. Concrètement, elle permet de modéliser le terrain avec une grande précision, sans contact, en exploitant le principe de parallaxe entre plusieurs images prises sous des angles différents. Historiquement, elle a d’abord été utilisée en géomatique. Aujourd’hui, cette méthode trouve des applications concrètes dans les domaines de la topographie, des travaux publics et de la gestion des réseaux. De son côté, Syslor exploite la photogrammétrie à partir de captations vidéo réalisées directement sur le terrain par les utilisateurs via l’application EasyScan, depuis un smartphone ou une tablette. Ensuite, ces vidéos sont traitées pour produire des orthophotos et modèles 3D exploitables dans notre portail de visualisation et de vectorisation. Enfin, cet article propose de détailler les principes de base de la photogrammétrie, ses étapes clés, les livrables générés ainsi que ses principaux cas d’usage terrain. Types de photogrammétrie (analytique, numérique) Selon l’évolution des techniques et des outils disponibles, la photogrammétrie peut être mise en œuvre de différentes manières. On distingue principalement deux approches, qui se différencient par le degré d’automatisation et les méthodes de calcul utilisées : Photogrammétrie analytique : basée sur des calculs géométriques manuels ou semi-automatisés.  Photogrammétrie numérique : entièrement informatisée, elle repose sur des algorithmes d’appariement et de traitement d’images.  Comment fonctionne la photogrammétrie ? Au-delà de son principe théorique, la photogrammétrie repose sur une chaîne de traitement bien structurée qui permet de transformer de simples images en données géométriques exploitables. Depuis l’identification automatique de points communs jusqu’à la génération d’orthophotos et de modèles 3D, chaque étape contribue à garantir la précision et la cohérence du résultat final. Voici les grandes étapes de ce fonctionnement : Appariement des points homologues Le logiciel identifie automatiquement des points identiques (points homologues) présents sur plusieurs images, généralement en utilisant des méthodes de corrélation ou de détection de features. Concrètement, cela évite à l’opérateur de relever manuellement chaque détail et garantit une base solide pour reconstruire le chantier en 3D. Notion de parallaxe et triangulation La différence d’angle entre les images permet de calculer la position 3D de chaque point par triangulation. Ce calcul mathématique se traduit sur le terrain par un modèle 3D précis de la tranchée ou de la surface relevée, directement exploitable pour mesurer des distances, des profondeurs ou vérifier l’emplacement des réseaux. Conditions de recouvrement (avant/latéral) Pour obtenir un modèle cohérent et complet, il est nécessaire d’assurer :  Un recouvrement avant (overlap) d’au moins 70 % entre deux images consécutives,  Un recouvrement latéral (sidelap) d’au moins 30 % entre deux lignes de vol.  En pratique, cela signifie que les opérateurs doivent filmer ou photographier de manière régulière et structurée, ce qui garantit que le logiciel pourra reconstruire fidèlement chaque portion du chantier sans zones manquantes. Étapes du traitement photogrammétrique Alignement des images : reconnaissance des points communs et orientation relative.  Génération du nuage de points 3D : dense, structuré, précis.  Production du MNT/MNS : extraction des surfaces topographiques.  Orthophotographie : projection plane, sans distorsion, géoréférencée.  Export des données : formats standards pour l’intégration SIG/DAO/CAO.  Quels sont les livrables issus d’un traitement photogrammétrique ? Orthophoto Image géoréférencée en projection plane, sans distorsion, utilisable comme fond de plan pour des implantations ou des relevés. C’est l’équivalent d’un “plan photo” du chantier, utilisable comme fond de plan fiable pour tracer les réseaux et produire un récolement conforme. Modèle numérique de surface (MNS) / Modèle numérique de terrain (MNT) MNS : inclut les objets visibles en surface (végétation, bâtiments).  MNT : représente uniquement la surface du sol, sans obstacle.  Nuage de points 3D Résultat de la triangulation, il permet de reconstruire finement le relief, les structures et les volumes. Pour l’utilisateur, cela équivaut à disposer d’une copie numérique du terrain, sur laquelle il peut revenir à tout moment pour effectuer des mesures ou justifier ses travaux. Export SIG / DAO / CAO Les données peuvent être exportées aux formats standards (.tif, .las, .dxf, .shp, .gml, etc.) pour intégration dans des logiciels de DAO ou de SIG.  À quoi sert la photogrammétrie sur le terrain ? La photogrammétrie est particulièrement utile dans :  Les relevés de surface à grande échelle, même dans des zones difficilement accessibles.  La visualisation du contexte chantier : topographie, accès, obstacles, interfaces.  Le marquage réseau et le plan de récolement : les orthophotos permettent d’intégrer visuellement les réseaux relevés.  La vectorisation sur portail métier : comme dans l’interface Syslor, l’orthophoto sert de support au tracé précis des réseaux.  La photogrammétrie appliquée au récolement des réseaux enterrés Dans le cadre du récolement des réseaux enterrés, la photogrammétrie apporte une réponse efficace aux exigences réglementaires et opérationnelles. En pratique, à partir de vidéos ou d’images prises lors de l’ouverture de tranchées, il est possible de générer des orthophotos géoréférencées et des nuages de points 3D qui documentent précisément l’état du terrain et la position des ouvrages posés. Par la suite, les données sont ensuite intégrées dans les environnements SIG, DAO ou CAO via des formats standards (.tif, .las, .dxf, .shp, .gml), garantissant leur exploitation par l’ensemble des acteurs du projet. Associée à un calage GNSS centimétrique (RTK/NRTK) ou à des points de contrôle terrain (GCP), cette méthode assure une précision absolue conforme aux exigences du récolement. Les apports de la photogrammétrie dans ce contexte sont multiples : Preuve des dégâts : l’orthophoto sert de constat objectif en cas de dommages aux réseaux ou d’incidents liés aux travaux. Traçabilité et historique : chaque intervention est documentée et archivée, offrant une base fiable pour le suivi des ouvrages. Prévention des dommages : la connaissance précise du sous-sol et des réseaux déjà en place limite les risques lors de futures opérations. Valorisation patrimoniale : la donnée produite enrichit les bases cartographiques et facilite la gestion des infrastructures à long terme. En combinant la photogrammétrie aux mesures GNSS centimétriques, il est ainsi possible de produire un récolement exhaustif, précis et pouvant servir de référence en cas de contrôle ou de litige, répondant aux enjeux de sécurité, de conformité

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GNSS fondements du positionnement par satellite

GNSS : comprendre les fondements du positionnement par satellite

Le positionnement GNSS est utilisé dans de nombreuses applications professionnelles, notamment en topographie, en travaux publics ou pour la gestion des réseaux. Il repose sur des constellations de satellites et des méthodes de calcul complexes permettant de déterminer une position précise. Décryptage du fonctionnement des systèmes GNSS et des causes courantes de dégradation de la précision. GNSS : au-delà du GPS Le terme « GPS » est souvent utilisé à tort pour désigner l’ensemble des technologies de positionnement par satellite. En réalité, le GPS n’est que l’un des systèmes disponibles. Le terme approprié est GNSS (Global Navigation Satellite System), qui regroupe l’ensemble des constellations actives : GPS (États-Unis) GLONASS (Russie) GALILEO (Union Européenne) BEIDOU (Chine) Certaines régions bénéficient également de systèmes locaux complémentaires, comme QZSS au Japon. Principes de calcul de position Un récepteur GNSS calcule sa position à partir de la distance mesurée entre lui et plusieurs satellites. Chaque satellite émet en permanence un signal contenant des informations temporelles précises. En mesurant le temps mis par ce signal pour atteindre le récepteur, on peut en déduire une distance. Ce processus est appelé trilatération. Pour déterminer une position complète (latitude, longitude, altitude) et corriger le décalage d’horloge du récepteur, au moins quatre satellites sont nécessaires. L’utilisation de constellations multiples permet d’augmenter le nombre de satellites visibles et donc la précision et la fiabilité du positionnement. Contenu des signaux GNSS Chaque satellite émet un signal composé de plusieurs éléments. Ces structures de signal sont définies dans la spécification officielle du système GPS, IS-GPS-200, publiée par le Département de la Défense des États-Unis : Données de navigation : incluent les paramètres orbitaux et les corrections d’horloge. À quoi servent les éphémérides ? Les éphémérides sont des données orbitales que chaque satellite GNSS transmet dans ses messages de navigation. Elles décrivent la trajectoire du satellite sur une période donnée et sont indispensables au récepteur pour reconstituer la position exacte du satellite au moment de l’émission du signal. Il en existe deux types : Les éphémérides diffusées, calculées par les centres de contrôle GNSS, transmises en temps réel dans les signaux satellites. Les éphémérides précises, produites par des organismes comme l’IGS (International GNSS Service), utilisées pour des traitements plus exigeants en précision, notamment en post-traitement. Une erreur dans les éphémérides peut entraîner une erreur de positionnement allant jusqu’à plusieurs mètres. Leur qualité est donc un paramètre essentiel dans tout calcul GNSS précis. Les éphémérides précises sont notamment produites par des organismes comme l’IGS (International GNSS Service), qui fournit des données orbitales et temporelles de référence utilisées dans les solutions PPP. Code pseudo-aléatoire (PRN) : permet d’identifier le satellite et de calculer le temps de parcours du signal. Onde porteuse : signal radiofréquence servant de support aux autres données. La distance satellite–récepteur peut être calculée de deux manières : Par le code PRN, avec une précision de l’ordre du mètre. Par la phase de l’onde porteuse, avec une précision centimétrique, mais nécessitant des traitements complexes pour lever les ambiguïtés (cycle slips, nombre entier de cycles, etc.). Comprendre l’ambiguïté de la phase porteuse La mesure de la phase d’une onde porteuse permet d’atteindre une précision bien supérieure à celle obtenue par le code. Cependant, elle présente une particularité : le récepteur peut mesurer la phase reçue, mais ne connaît pas le nombre exact de cycles entiers parcourus entre le satellite et lui. C’est ce qu’on appelle l’ambiguïté de phase. Pour convertir la mesure en une distance absolue, il est donc nécessaire de « résoudre l’ambiguïté », c’est-à-dire estimer correctement ce nombre de cycles entiers. Cette opération est cruciale dans les techniques de positionnement comme RTK ou PPP, où la précision dépend directement de la qualité de cette résolution. Un mauvais « fix » de l’ambiguïté conduit à une erreur systématique pouvant atteindre plusieurs centimètres, voire plus. D’où l’importance des algorithmes embarqués dans les récepteurs haut de gamme, capables de détecter, modéliser et corriger ces incertitudes. La résolution d’ambiguïté est largement documentée dans la littérature, notamment dans le Springer Handbook of GNSS (Teunissen & Montenbruck, 2017), ouvrage de référence sur le sujet. Principales sources d’erreurs GNSS Plusieurs facteurs influencent la précision du positionnement. Les erreurs peuvent provenir : Des satellites : Erreurs d’horloge : bien que les satellites soient équipés d’horloges atomiques, des dérives minimes peuvent engendrer plusieurs mètres d’écart. Erreurs d’orbite : des écarts subsistent entre la position théorique du satellite et sa position réelle. De l’atmosphère : Délai ionosphérique : causé par les particules chargées dans la haute atmosphère, dépend des conditions solaires. Délai troposphérique : causé par l’humidité et la pression dans les basses couches de l’atmosphère. Du récepteur : Dérive de l’horloge interne Erreur liée à l’environnement local : effet multi-trajets, obstacles, interférences. Les cycle slips, une source d’erreur intermittente mais critique Un cycle slip correspond à une rupture brutale dans le suivi de la phase d’une onde porteuse par le récepteur GNSS. Cela se produit généralement lorsqu’un obstacle temporaire (véhicule, bâtiment, végétation) bloque ou perturbe le signal, même brièvement. Lorsque la liaison est rétablie, le récepteur reprend la mesure de phase, mais l’ambiguïté précédente n’est plus valable : il faut la réestimer. Si cette détection est mal faite, elle peut entraîner une erreur invisible mais durable. Les récepteurs performants, comme Proteus, disposent de mécanismes de détection automatique des cycle slips et peuvent relancer les algorithmes de résolution d’ambiguïté en conséquence. Leur gestion efficace est déterminante dans les environnements complexes (urbains, forestiers, chantiers encombrés). Précision du traitement du signal : dépend de la qualité du matériel et des algorithmes utilisés. Type d’erreur Origine Ordre de grandeur Dérive d’horloge satellite Segment spatial jusqu’à 3 m Erreur d’orbite Segment spatial ±2,5 m Délai ionosphérique Atmosphère (50–1000 km) 5 à 50 m Délai troposphérique Atmosphère (0–12 km) 2 à 10 m Multi-trajets Récepteur/environnement variable (mètres) Bruit de mesure interne Récepteur centimétrique à décimétrique Amélioration de la précision : corrections GNSS Pour atteindre une précision centimétrique, le positionnement GNSS doit être corrigé. Plusieurs techniques existent selon les besoins et les conditions d’utilisation : RTK (Real Time Kinematic) NRTK (Network Real Time Kinematic) : utilise

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